G
LOSSAIRE/GLOSSARY
A usage vocal et musical.../For vocal and musical use...
Les termes suivis de ** dans les définitions sont eux mêmes des éléments de ce glossaire./
The terms followed by ** are themselves entries of this glossary.
- APPUYEE (note appuyée)/ :
On dit d'une note qu'elle est appuyée quand un chanteur, pour tenter de l'assombrir ou d'en augmenter artificiellement le volume,
la fait résonner dans la gorge (sur le larynx) voire dans la poitrine. On obtient alors une couleur métallique pas forcément trés agréable,
et généralement la diction s'en ressent. De plus, l'assombrissement est réalisé au prix de la perte
d'harmoniques** aigues, et la
projection** y pert aussi beaucoup.
- ARIA DI SORBETTO/ :
Traduction : air de sorbet. Ces airs étaient introduits par les compositeurs au milieu de l'opera et destinés à être exécutés au moment où le public mangeait des glaces (en salle !).
Ces airs étaient donc réservés à des personnages secondaires, n'avaient pas une grande valeur musicale, et n'apportaient pas grand chose à l'action.
Certains d'entre eux sont pourtant trés beaux, et méritent autant d'attention que les pages réservées aux premiers rôles.
On peut l'apprécier ou le regretter, mais le public n'est généralement plus autorisé de nos jours à apporter sa glace en salle...
- BEL CANTO/ :
"Beau chant". Terme associé de manière assez large à une style de chant en vigueur de la fin du 17ème siècle (bel canto baroque),
et jusqu'au milieu du 19ème (bel canto romantique).
Essentiellement italien, il est cependant trés bien représenté par quelques compositeurs d'autres nations tel Haendel (baroque) ou Meyerbeer (romantique).
Il est difficile de résumer un mouvement aussi complexe dans une entrée de glossaire, mais si l'on devait ne retenir que quelques éléments phares du bel canto,
ce serait ce goût de l'abstraction musicale, du plaisir apporté d'abord par la musique, sa technique et ses effets
(prima la musica !), au dépend du réalisme dramatique, que pronera à partir de la seconde moitié du 19ème siècle
le mouvement vériste (voir vérisme**).
Ainsi, les éléments les plus visibles du bel canto sont-ils d'abord
vocalises**,
variations** et
ornements** sur le plan musical, et immaginaire,
grand spectacle et "effets spéciaux" sur le plan scénique.
Bien qu'il ne soit pas (loin s'en faut) classable comme vériste, la transition entre Bel Canto et
vérisme** a eu lieu de manière spectaculaire avec Verdi.
Aprés une quinzaine d'opéras dans les années de galère, où l'influence du bel canto romantique de Rossini et
Donizetti se faisait clairement sentir ("Ernani", "Attila",...),
il en jettera les derniers feux avec Helène des "Vêpres Siciliennes", avant de faire évoluer son discours vers les
oeuvres pré-veristes telles "Otello" ou "Falstaff".
- CABALETTE/ :
Terme dérivé du latin "copula", qui signifie "couple", car il suit souvent un autre air (comme une
cavatine**).
C'est un air bref au rythme simple et rapide, souvent avec
da capo**, et qui conclut une scène.
On peut citer par exemple l'air de Silva dans "Ernani" de Verdi : "Infinche un brando vindice".
- CANTANDO PARLANDO/ :
"Chanté-parlé". Effet trés utilisé par les rôles bouffes (et principalement les basses, d'ailleurs), et aussi
par les véristes (voir vérisme**),
qui consiste à ne plus interpréter strictement les notes d'une partition sous forme de chant, mais en les parlant.
Le but est d'obtenir un réalisme dramatique plus important dans certains passages clés.
Cependant, beaucoup s'en servent aussi pour escamoter une difficulté technique, en la masquant par un effet dramatique pas forcément toujours de bon goût.
Un cas typique de ce mauvais usage a cours dans un des piliers du répertoire, "Il barbiere di Siviglia", où le rôle de Bartolo,
trop souvent confié à des chanteurs en fin de carrière, est souvent massacré à coups de cantando-parlando car les interprètes sont incapables de surmonter les difficultés de l'écriture vocale, il est vrai extrèmes, du rôle.
- CAVATINE/ :
Air bref, et généralement précédé d'un récitatif, sans
da capo**, qui sert à présenter un personnage.
Verdi notamment utilise beaucoup ce procédé sous forme d'une pièce lente, qu'il fait suivre d'une
cabalette** rapide.
Parmi les cavatines fameuses, on va trouver justement chez Verdi, celles de Silva dans "Ernani" ("Infelice..."),
ou celle de Procida dans "Les Vêpres Siciliennes" ("Et toi, Palerme"), ou encore celle de Fernando dans
"Il trovatore" ("Di due figlie vivea padre beato").
- COLORATUR/ :
Terme normalement appliqué aux sopranos. Il désigne une catégorie de voix spécialisées dans les rôles aigus
et fournis en vocalises**.
On trouve cette catégorie aussi bien dans le bel canto**,
qu'ailleurs ("Lakmé" de Léo Delibes, Ophelie dans "Hamlet" d'Ambroise Thomas...).
Le terme "Coloratur bass" est la traduction anglaise que je vois le plus communément pour désigner les basses belcantistes.
Bien que rarissimes, on trouve des rôles de basses coloratur hors
du bel canto** (Michel dans "Le Caid" d'Ambroise Thomas).
- DA CAPO/ :
Terme que l'on peut traduire par "retour au début".
Dans une aria "Da capo", une fois arrivé à la fin, le chanteur doit reprendre le morceau au début, soit pour le rechanter intégralement, soit - et c'est le cas le plus classique - pour n'en rechanter qu'une partie.
Généralement, la structure d'une aria da capo est dite "ABA", ce qui signifie qu'elle est composée d'une première partie, appelée A, et d'une deuxième, appelée B,
et qu'à l'issue de B, le chanteur doit rechanter A. Les arias da capo sont un des éléments les plus typiques du
Bel Canto**,
et ont pour but de laisser s'exprimer la virtuosité et les talents d'interprète du chanteur, au cours de la reprise de A.
Par méconnaissance des règles du Bel Canto**,
beaucoup d'interprètes (ou de chefs d'orchestre) n'ont jusqu'à un époque récente jamais exécuté de variations sur les reprises de A (quand ils daignaient seulement effectuer ces reprises !).
Cela fait complètement perdre leur intêret à ces pièces.
- DI FORZA/ :
Littéralement "de force". Il ne faut pas entendre ce terme au sens technique, ce qui serait péjoratif (emission en force),
mais au sens style et interprétation. Il traduit une expression héroïque, scandée, véhémente.
- DI SBALZO/ :
Voir SAUTS**
- ETENDUE/RANGE :
Plage de notes atteignables par un chanteur. Cela ne présage pas de leur beauté
ou de la facilité à les émettre. Les notes les plus graves de l'étendue d'un chanteur
sont généralement de trop faible volume sonore, et trop appuyées**.
Quant aux plus aigues, elles sont au mieux détimbrées, et au pire hurlées (souvent à l'origine de canards mémorables pour qui ne connait pas ses limites).
La plage de notes vraiment exploitable s'appelle la Tessiture**.
- HARMONIQUE/ :
Au dela de la fréquence fondamentale d'une note (qui lui donne sa hauteur),
se superposent quantité d'autres fréquences de volume plus faibles qui lui donnent son timbre.
Par exemple un violon et une clarinette peuvent trés bien emettre une note de même fréquence fondamentale (jouer à l'unisson),
alors que les timbres de ces instruments sont totalement différents : c'est parceque leurs harmoniques different aussi.
Pour un chanteur, cette notion d'harmoniques est capitale, car plus que pour tout autre instrument, le
timbre d'un chanteur lui est propre. Et sa capacité, naturelle ou technique, à enrichir son timbre avec des harmoniques en fera la beauté et le caractère personnel.
Techniquement, c'est un apprentissage complexe, essentiellement fondé sur le placement de la voix dans les
différents résonnateurs** disponibles.
Même pour une basse, certaines de ces harmoniques peuvent être trés aigues (plusieurs milliers ou dizaines de milliers de Hertz),
et une des conséquences inattendues des enregistrements en CD (en remplacement des bons vieux microsillons),
est que ceux-ci ne restituent pas les harmoniques au dessus de 44000 Hz, déformant légèrement dans certains cas le timbre d'un chanteur !
- LEGATO/ :
Art de lier les notes entre elles dans l'exécution d'un morceau, sans ruptures de timbre, d'expression et de nuances.
- MEZZA DI VOCE/ :
Effet consistant à emettre une note piano, puis à en renforcer progressivement le volume jusqu'à une
nuance mf/forte/ff, pour en revenir tout aussi progressivement à la nuance initiale. C'est un point de technique
vocale d'une extrème difficulté : outre la longueur de la note à tenir pour réaliser progressivement
le crescendo puis le decrescendo (qui appelle une excellente gestion du souffle), il faut aussi arriver
un placement de voix constant, sous peine de voir se produire une rupture de couleur (généralement au cours du
decrescendo). Cet effet était considéré comme indispensable au bagage technique d'un bon chanteur au cours
de la période du bel canto** romantique.
- OCTAVE/OCTAVE :
Intervalle de notes de 12 demis tons. Deux notes à l'octave portent le même nom.
Physiquement, la fréquence d'une note située à l'octave d'une autre est le double de celle-ci.
Exemple : le La3 (celui du diapason) a une fréquence de 440 Hz. La La2, situé une octave en dessous et écrit sur la ligne la plus haute de la portée en clé de Fa, a une fréquence de 220 Hz.
- ORNEMENTS/ :
Petites notes ajoutées dans la mélodie, soit sous forme d'improvisations (ornements italiens), qui peuvent casser la mesure,
soit écrits par le compositeur et respectant la mesure et le rythme (ornements fondamentaux).
Les ornements peuvent se retrouver sous des formes extrèmement variées comme des petites appogiatures avant les notes de la mélodie,
ou des trilles, ou encore sous formes de longues vocalises**
ou cadences conctituant des pauses dans la mesure (trés caractéristiques du
bel canto**).
- PIQUEES (notes piquées)/ :
Notes d'une même phrase musicale exécutées en donnant une impulsion de souffle sur chacune d'entre elles,
pour en effacer tout legato**.
Cela donne généralement un léger effet d'accentuation à ces notes, et un alourdissement du rythme.
- PROJECTION/ :
Capacité pour un chanteur à emettre une note de façon à ce qu'elle soit audible le plus loin et le plus distinctement possible.
Le seul volume d'une voix n'assure pas forcément ces qualités, et un chanteur à la voix puissante n'est pas forcément compréhensible, ni audible dans des nuances piano si il ne maitrise pas sa projection.
- RESONNATEURS(Resonnances)/ :
Pour être audible de l'exterieur du corps du chanteur, la vibration des cordes vocales doit être amplifiée
en résonnant dans les éléments de son anatomie les plus rigides, c'est à dire les os.
Les résonnateurs pour le chant sont alors essentiellement situés dans le tête (masque, boite cranienne), et pour certaines notes graves dans la poitrine.
- ROULADES/ :
Série rapide de notes conjointes, d'intervalles réduits (diatoniques, ou chromatiques),
et reliant deux notes séparées par un intervalle plus important (au moins une quarte).
C'est l'effet de vocalise** le plus utilisé dans le
bel canto**. Il nécessite une technique de gestion du souffle
à toute épreuve pour être capable de séparer chaque note de la précédente sans tout savonner.
- SAUTS/ :
Passage d'une note à une autre située à un intervalle trés éloigné. Trés fréquents sont les sauts
d'octaves**.
Dans le bel canto**, on va même trouver des sauts de 2
octaves** (pour lesquels l'homogénéité de la voix du chanteur
est indispensable). Traduit de l'italien "Di Sbalzo".
- SERIA (opera seria)/ :
Operas dont la caractéristique principale est de s'inspirer de sujets mythologiques ou issus de l'antiquité.
Pendant toute la période baroque, les operas étaient trés majoritairement classés dans cette catégorie,
et avaient comme particularités musicale de ne recourir quasiment jamais aux ensembles (choeurs, ou duos, trios...).
Avec Mozart et surtout Rossini, cette particularité musicale a été battue en brêche (voir des operas comme "Idomeneo" chez Mozart, ou "Semiramide" chez Rossini).
- SILLABATO (sillabando)/ :
Vocalises** extrèmement rapides, pour lesquelles la
sillabe chantée change à chaque note.
Contrairement aux roulades**, c'est l'articulation (et la
technique du couple machoire-langue) plus que la gestion du souffle qui sont requis pour effectuer un sillabando
compréhensible par l'auditeur.
Les basses bouffes se taillent la part du lion dans l'exécution de cet effet.
Ecouter pour cela le top du top : l'air "Sia qualonque delle figlie" dans "La Cenerentola" de Rossini, excécuté par le grand Enzo Dara.
- TESSITURE/TESSITURA :
Plage de notes "confortables" et/ou exploitables à l'intérieur de
l'étendue** d'un chanteur.
On considère généralement que pour une basse noble classique (étendue de deux
octaves** Fa1-Fa3),
la teissiture est d'une octave** Si1-Si2.
Cela signifie que les notes situées hors de cette plage
nécessitent des efforts physiques ou techniques (relatifs ou importants) de la part du chanteur pour être émises avec la même couleur ou le même volume que les autres.
En regard de la teissiture du chanteur lui même, on devra toujours étudier la teissiture des morceaux qu'il chante :
on trouvera ainsi des morceaux qui peuvent avoir une
étendue** large (quelques notes extrèmes),
mais qui en moyenne se situent dans une plage plus ou moins centrale,
et ne seront donc pas forcément éprouvants physiquement ou techniquement.
- VERISME/ :
Mouvement musical initié à partir de la seconde moitié du 19ème siècle, où l'importance du réalisme dramatique aussi bien dans la musique que sur scène ont été privilégiés,
au détriment du seul plaisir hédonique de la musique et ses effets. Les thèmes des opéras véristes ont d'ailleurs marqué une forte rupture avec ceux des deux siècles précédents,
préférant traîter du quotidien de leur époque, plutôt que de mythologie ou de fantastique.
Si le Verdi de la maturité, Boïto et même Bizet (avec "Carmen") ont pu paraître précurseurs en la matière,
c'est surtout Puccini qui est considéré comme l'emblème du mouvement (prendre des thèmes comme "La Bohème"...),
mais il a su rester dans des limites de bon goût musical,
alors que d'autres tels Mascagni ou Leoncavallo ont ouvert la voie à des excès parfois regrettables
où la musique passait un peu au second plan derrière les effets dramatiques.
La faute en est quand même aussi imputable aux interprètes, qui abusaient de ces effets pour rechercher les faveurs du public.
- VOCALISES/ :
Outre l'emploi de ce terme pour qualifier des exercices techniques ou d'échauffement pour le chanteur,
sans valeur musicale particulière,
les vocalises sont surtout des passages généralement assez virtuoses dans une oeuvre,
consistant en l'exécution rapide de notes successives, souvent sur la même sillabe (cette même exécution sur des
sillabes changeant à chaque note s'appelle le sillabato**).
Pur produit du bel canto**, Les vocalises ont de nombreux
modes d'exécution suivant ce que l'on souhaite exprimer : sous formes de notes liées ou piquées, ou encore de manière intermédiaire...
Elles sont souvent considérées comme un exercice de virtuosité pure, sans apport émotionnel ou musical réèl.
Les compositeurs du bel canto** les introduisaient cependant
de manière réfléchie dans leurs oeuvres, avec la volonté de les adapter aux sentiments qu'ils souhaitaient exprimer.
C'est alors tout l'art et le talent du chanteur qui permet de les restituer avec goût.
- VARIATIONS/ :
Modifications des notes d'une partition, improvisées ou pas, effectuées par le chanteur au cours de son exécution de l'oeuvre.
C'est une pratique courante quand un morceau est constitué de parties identiques répétées plusieurs fois,
et que l'on souhaite eviter la monotonie, en ne recourant pas simplement à des changement de nuances ou d'interprétation.
Le cas le plus typique où les variations sont quasimment obligatoires sont les aria
"da capo"**.