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HANS HOTTER

Baryton basse/ Bass baritone


Hans Hotter : Amfortas
Français (né à Offenbach am Main, Allemagne, le 19/01/1909 - Disparu le 6/12/2003)
Hans Hotter commence par étudier la philosophie à l'université de Munich, et ne se met que plus tard à la musique. Entre 1928 et 1930, il fréquente les classes d'orgue et d'harmonie de l'académie de musique, avec le but de devenir chef d'orchestre. Sa voix est alors remarquée par le "Kammersänger" Matthias Römer, qui le fait travailler. Il donnera alors en 1929 sa première prestation musicale, dans la partie de basse du "Messias" de Haendel. Il doit malheureusement arréter ses études suite au décés de son père, sa mère ne pouvant plus les financer.
Il obtient alors son premier engagement à l'opéra, au théâtre municipal de Troppau, pour le Sprecher de "Die Zauberflöte" en 1930. Suivent des prestations dans divers rôles de baryton-basse à Breslau (1931), Prague (de 1932 à 1934), et Hambourg (de 1943 à 1945, où il aura l'occasion de travailler avec des chefs comme Eugen Jochum ou Hans Schmidt-Isserstedt, et recevra en 1936 le titre de "Kammersänger". Il participera également à la création de l'opéra "Das Opfer" de W.Zillig en 1937).
En 1937, il commence sa collaboration avec l'opéra de Munich, sous l'impultion de Clemens Krauss, qui l'avait remarqué dés 1932. Il en sera membre permanent jusqu'en 1972, et parmi ses presations dans la maison Bavaroise, on notera les créations de deux des derniers opéras de Richard Strauss : "Friedenstag" (le 24/7/1938, dans le rôle du commandant) et "Capriccio" (le 28/10/1942, dans le rôle du poete Olivier). Pour cette longue collaboration, il recevra la "Bayerischer Maximiliansorden für Wissenschaft und Kunst" (ordre Bavarois de Maximilien pour la science et les arts). Il sera aussi membre permanents de trois autres Théâtres germaniques : Hambourg, Stuttgart et le Staatsoper de Vienne.
Sa carrière internationale débute dans la foulée : dés 1937, il est à Amsterdam pour une version de concert du "Euryanthe" de Weber, sous la baguette de Bruno Walter. En 1939 il se produit à l'opéra de Paris, en 1940 à la Scala (dans le Wanderer de "Siegfried"), en 1947 à Covent Garden (où il reviendra presque chaque année jusqu'en 1967. Il y débute avec les rôles du Comte des "Nozze di Figaro" et de Don Giovanni), de 1950 à 1954 au Metropolitan Opera de New York (où il chantera au total 13 rôles, parmi lesquels le grand inquisiteur dans "Don Carlos", Jochanaan dans "Salome", Oreste dans "Elektra", ainsi que de nombreux rôles Wagnériens, dont le Hollandais pour ses débuts).
Coté festivals, c'est Salzbourg qui l'accueille en premier, avec le comte des "Nozze di Figaro" en 1942, suivi du Sprecher de "Die Zauberflöte" en 1943, de Jupiter dans "Liebe der Danaë" de Strauss en 1944, de "Don Giovanni" en 1946, de Mandryka dans "Arabella" en 1947, de Morosus dans "Schweigsamen Frau" de R.Strauss en 1959, et enfin de du ministre dans "Fidelio" en 1969. A partir de 1952, il devient aussi un des piliers de Bayreuth, avec une impressionante série de Wotan dans le "Ring" de 1952 à 1958, 1961, 1963 et 1965, ainsi que le Hollandais en 1955 et 1965, Amfortas en 1953-54, Gurnemanz en 1960 à 66, Kurwenal de "Tristan" en 1952 et 1957, Hans Sachs en 1956, Pogner en 1958 et 1960, et enfin Gunther de "Götterdammerung" en 1955.
Sur la colline, il étudiera aussi la mise en scène auprés de Wieland Wagner, et en supervisera certaines aprés la disparition de ce dernier. A partir de 1961 il exercera ces activités de metteur en scène à l'international, avec un "Ring" à Covent Garden en 1961, suivi de "Der fliegende Hollander" à Munich en 1964, "Tannhäuser" à Zurich et "Palestrina" de Pfitzner à Vienne en 1966, "Die Zaubergeige" de Werner Egk à Dortmund en 1969 (avec le compositeur au pupitre).
Aprés un Moses dans "Moses et Aron" de Schönberg (à Francfort, en 1970), puis la création au Staatsoper de Vienne le 23/5/1971 de l'opéra "Besuch der alten Dame" de G.Von Einems, il fait des adieux officiels à la scène en 1972 sur un Wotan à Paris et un Grand Inquisiteur à Vienne. Il refera néanmoins plusieurs apparitions dans des productions d'opéra ; on citera le récitant dans les "Gurrelieder" de Schönberg à Los Angeles en 1977 (en remplacement de Georges London), "Fidelio" en 1981 à Chicago, Schligloch dans "Lulu" de Berg à Vienne en 1983-84, le Sprecher de "Die Zauberflöte" en 1985 à la Scala et en 1988 à Paris.

Mais si sa carrière à la scène aura été exceptionnelle, aussi bien par sa qualité que par sa longévité, c'est aussi de l'interprète de lieders que l'histoire du chant gardera la mémoire. Hans Hotter est une -si ce n'est LA- référence incontestée dans l'interprétation du cycle "Winterreise" de Schubert. Depuis sa première exécution de cette monumentale oeuvre de Schubert en novembre 1941, il la donnera 127 fois en 35 ans de carrière, en Europe, sur tout le continent Américain, en Australie et au Japon, et l'enregistrera trois fois. Mais il aura aussi marqué l'interprétation des lieders de Strauss, Brahms, Pfitzner, Wolf, Loewe, Cornelius ou Beethoven.

Immédiatement aprés son retrait officiel des scènes, Hans Hotter entammera une activité de pédagogue, notamment à Vienne (il était naturalisé Autrichien), puis à partir de 1983 à Paris, où il obtient une chaire de professeur à l'Ecole d'Art Lyrique.
Il est marié depuis 1936 à l'actrice Helga Fischer-Hotter, rencontrée à l'opéra de Hambourg. Il a deux enfants, et sa fille Gabrielle est mariée au petit fils de Richard Strauss.

DISCOGRAPHIE :
"Fidelio" (rôle de Pizzaro) chez Melodram(1960) et HRE(1960), "Lulu" (rôle de Schligolch) chez Decca(1978), EMI(1991) et RCA(1983), "La damnation de Faust" (Mephisto) chez Eklipse(1950), "Der Besuch de alten Dame" de Einem (rôle de Lehrer) chez DG(1971), "Boris Godunov" (rôle de Boris) chez Myto(1957), "Le nozze di Figaro" (Il conte) chez Preiser(1942), "Die Zauberflöte" (rôle du Sprecher) chez Melodram(1959) et DG(1964), "Der Mond" de K.Orff (rôle de Petrus) chez EMI(1957), "Palestrina" de Pfitzner (rôle de Borromeo) chez Myto(1952), "Assassinio nelle cattedrale" de Pizzetti (rôle de Thomas Beckett) chez DG(1960), "Arabella" (rôle de Mandryka) chez DG(1947), "Capriccio" (rôle d'Olivier) chez Myto(1942) et rôle de La Roche chez EMI(1957), "Elektra" (rôle d'Orest) chez Gala(1953), "Die Frau ohne Schatten" (rôle du Geisterbote) chez DG(1963), "Friedenstag" (rôle d'Hauptmann) chez Koch Schwann(1939), "Salome" (Jochanaan) chez Orfeo(1951) et Myto(1952), "Die schweigsame Frau" (rôle de Sir Morosus) chez DG(1959), "Aida" (rôle d'Amonasro) chez Preiser(1942) et DG(1961), "Falstaff" (rôle de Falstaff) chez Preiser(1939), "Der fliegende Holländer" (rôle du Hollandais) chez Laudis(1944), Arlecchino(1950) et Melodram(1951), "Die Meistersinger von Nürnberg" (rôle de Sachs) chez Myto(1949), Melodram(1951) et Music and Arts(1956), et rôle de Pogner chez Melodram(1958) et RCA(1963), "Parsifal" (rôle de Gurnemanz) chez Melodram(1954 et 1964), Arkadia(1961), Philips(1962), et rôle de Titurel chez Hunt(1956) et Decca(1971), "Das Rheingold" (Wotan) chez UORC(1951), Laudis(1953), Golden Melodram(1953 et 1956), Music and Arts(1957) et Arkadia(1958), "Die Walküre" (Wotan) chez Danacord(1938), Arlecchino(1952), Laudis(1953), Golden Melodram(1953 et 1956), Melodram(1954 et 1955), Music and Arts(1957), Arkadia(1958) et Decca(1965), "Siegfried" (der Wanderer) chez Arlecchino(1952), Laudis(1953), Golden Melodram(1953 et 1956), Music and Arts(1957), Arkadia(1958) et Decca(1962), "Tristan und Isolde" (rôle de Kurwenal) chez Melodram(1948 et 1957) et chez Hunt(1952), Cantate BWV 82 de Bach chez EMI(1950), IXeme symphonie de Beethoven chez EMI(1947 et 1957), "Ein deutsches Requiem" de Brahms chez EMI(1947) et Myto(1957), "Die Schöpfung" de Haydn chez Melodram(1952), Requiem de Mozart chez DG(1951), "Das dunkle Reich Urworte Orphisch Von deutscher Seele" de Pfitzner chez Orfeo(1952), "Gurrelieder" de Schoenberg chez Decca(1989) et Sony(1992), "Taillefer" de Strauss chez Preiser(1943), duos de Wagner (avec Brigit Nilsson) chez EMI, des arias de Haendel chez EMI, "Winterreise" de Schubert chez DG(avec Raucheisen au piano), chez EMI(avec Moore), chez DG(avec Werba), "Schwanengesang" de Schubert chez EMI (avec Moore), et enfin de nombreux recueils de Lieders de Schubert, Wolf, Schumann, Brahms, Pfitzner, R.Strauss, Lowewe, Cornelius ou Beethoven.
English
Hans Hotter : le Hollandais Hans Hotter : Wotan Hans Hotter : Wotan Hans Hotter : Schligolch, dans Lulu Hans Hotter : le grand inquisiteur Hans Hotter Hans Hotter Hans Hotter Hans Hotter Hans Hotter